La jeune fille Afghane

ImageC’est un mystère né il y a aujourd’hui plus de 28 ans, au Pakistan, dans le camp de réfugié de Nasir Bagh. « Depuis, il ne s’est pas passé une semaine sans que quelqu’un me demande où elle se trouve » Steve McCurry, photographe pour le magasine National Geographic (http://stevemccurry.com/).

En 1984, c’est dans une école dans ce camp de réfugiés que ce photographe fait le portrait d’une jeune fille afghane au regard incandescent inoubliable. Ce visage est connu dans le monde entier, il est le symbole de la détresse afghane suite à l’invasion soviétique et c’est dans son regard que l’on peut lire l’angoisse des réfugiés du monde entier. Mais jusqu’en janvier 2002, ce visage n’avait pas de nom et était tout simplement appelé « la jeune fille afghane », cette fille alors âgée de 13ans à l’époque se nomme Sharbat Gula et c’est en janvier 2002 que Steve McCurry décida de retrouver cette femme. Mais était elle seulement vivante ? Malgré ses nombreuses tentatives de recherche dans les années 1990, ce n’est qu’en 2002 qu’il réussit à trouver la vraie Sharbat Gula. En effet, au cours de ces recherches, nombreux et nombreuses sont ceux et celles qui prétendaient connaître ou être cette fameuse fille et c’est en Afghanistan qu’il réussit à la retrouver avec l’aide de nombreuses personnes, son identité fut confirmée avec l’aide du FBI et aux procédés de la reconnaissance biométrique.

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« Je traversais un village de réfugiés afghans, j’étais en reportage sur la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Je suis passé devant une grande tente qui faisait office d’école primaire, j’ai demandé à l’institutrice des renseignements sur l’une de ses élèves au regard étonnant. Elle m’a raconté que cette jeune fille et sa famille avaient dus marcher à travers la montagne pendant 2 semaines, leur village avait été bombardé par des hélicoptères de combat. Plusieurs membres de leur famille avaient été tués, ils étaient donc partis en plein hiver et avaient marché pendant 15 jours pour atteindre ce camp de réfugiés. Il était évident qu’elle était profondément traumatisée par l’exode et la mort de ses proches. »

Lorsqu’elle fût retrouvée, c’est une femme mariée, mère de 4 enfants dont 3 seulement sont en vie, Robina, Zahida et Alia, que notre photographe retrouva. C’est une femme pauvre marquée par une vie très difficile. Elle se rappelait avoir été photographiée, de tous les détails, mais ce fut la première fois qu’elle voyait sa photo. Elle qui pourtant était le sujet de la photographie avec son visage désormais connu du monde entier, n’en savait rien de sa photo, ni de la portée et du symbole qu’elle portait.
« Je veux que mes enfants aillent à l’école, qu’ils reçoivent une véritable éducation. Quand on est éduqué, on peut tout apprendre, on peut améliorer son existence. Moi, j’ai du abandonner l’école, mais je veux que ce soit différent pour mes enfants » C’est son souhait le plus cher, pouvoir éduquer ses enfants, qu’elles aillent à l’école et qu’elles puissent poursuivre leurs études.

De nombreuses personnes se sont portées volontaires pour travailler au Pakistan dans des camps de réfugiés suite à cette photographie.
Les réfugiés afghans forment en 2009 le deuxième groupe national le plus important de réfugiés après les Palestiniens. Juste en 2002, plus de deux millions d’Afghans avaient regagné leur pays suite à la chute des Taliban, représentant le plus grand rapatriement de réfugiés depuis les années 1970.
A la fin de la décennie 1980, on dénombrait cinq millions de réfugiés, dont trois millions étaient au Pakistan et un en Iran. Ravagé par vingt ans de guerre en plus d’être affligé par une sécheresse qui se prolonge depuis plusieurs années, l’Afghanistan compterait plus d’un million de déplacés, véritables réfugiés de l’intérieur, qui survivent grâce à l’aide internationale. Pour le moment, cinq
millions d’Afghans dépendent de l’aide internationale pour survivre.
L’exode de la population afghane vers le Pakistan et l’Iran risque de prendre encore de l’ampleur si les États-Unis et l’OTAN prolongent leurs attaques militaires contre ce pays. L’Afghanistan pourrait se diriger tout droit vers une catastrophe humanitaire sans précédent. En 2001, on pouvait alors estimer, toutes les données numériques, quelles qu’elles soient, restent des approximations, car il n’y a pas eu de recensement depuis des décennies, que la population du pays compte plus de 24 millions d’habitants.

Sources : National Geographic, UNHCR (l’Agence des Nations Unis pour les réfugiés)

Niati Riadh.

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