Le FIS, Abassi Madani, Ali BenHadj : leur retour, dans quelles circonstances et à quelles conditions ?

Le Front Islamique du Salut ( FIS), vainqueur des élections de 1991 et dissout en 1992, suite à l’annulation du processus électoral, vient de publier un communiqué, signé conjointement, par Abassi Madani Ali Belhadj, à Alger. Ali Belhadj et Abassi Madani, font porter au régime algérien l’entière responsabilité du drame national considérant que c’est l’arrêt du processus électoral et la violation de la volonté du peuple qui a déclenché le feu de la « fitna ».

Après une analyse « classique » sur la situation politique en Algérie, Abassi Madani et Ali Belhadj dénoncent la loi votée par le Parlement sur les partis qui « exclut » les dirigeants du FIS de participer à la vie politique.

Ils annoncent avoir mandaté des avocats pour porter plainte auprès des institutions internationales, judiciaires et des droits de l’homme, contre leur exclusion de la vie politique en Algérie. Leur Communiqué rappelle la position constante du FIS selon laquelle il ne saurait y avoir de réformes, ni de réconciliation sans un dialogue global sans condition préalable ni exclusion.Le communiqué fait un appel aux « partisans du FIS » ainsi qu’à ses cadres de se rassembler pour signifier leur présence, leur vitalité politique et leur droit à l’exercice civique et politique.

Ce communiqué qui reste le droit le plus élémentaire pour chaque algérien à vivre dans son pays, à jouir de tous ses droits, y compris politiques, et exercer tous ces devoirs est normal, légitime. La règle islamique de l’Imam Ali est valide pour tout le monde et en tout lieu : « Nul droit ne se perd tant qu’existe un revendicateur« . Sur le plan politique, abstraction faite de nos sentiments personnels ou de ceux des sympathisants du FIS, il n’y a pas d’événement politique quand on connait la nature du pouvoir algérien et  la position des éradicateurs dans les appareils de l’Etat ainsi que le poids politiques quasiment nulle de ceux qui siègent à l’Assemble du peuple à la place du peuple.

Nous disons, sur le plan du principe et du droit, oui au droit d’existence et d’exercice politique du FIS

Ces revendications légitimes appellent cependant quelques remarques qui sont aussi légitimes et  elles invitent le FIS à se montrer davantage offensif dans la clarification car l’Algérie est davantage enfoncée dans la confusion totale :

1 – Le FIS a été dépossédé de sa victoire électorale sur des décisions étrangères pour ses positions courageuses contre l’agression de l’Irak, pour l’engagement en faveur de la libération de la Palestine, pour son opposition affichée contre l’allégeance à l’Étranger et pour un islam social et populaire. Pour l’Étranger le FIS de 1991 est antagoniste avec ses intérêts. Pour l’Étranger ce n’est pas le caractère « islamique » qui pose problème c’est le caractère populaire et indépendantiste qui pose problème. Les Américains tolèrent le MSP algérien et ils sont durablement et confortablement bien installés dans les monarchies comme en Arabie saoudite et au Qatar. Qu’est ce qui a changé en Algérie ou dans le FIS pour que l’Étranger accepte le retour du FIS 20 ans après ?

2 – Nous assistons en Algérie à la course à la création de partis politiques, après l’agression contre la Libye et celle en préparation contre la Syrie et l’Iran. Cette course se fait au milieu du ballet diplomatique des Français et des Américains de plus en plus insolents et méprisants devant des Algériens de plus en plus médiocres, sans dignité et sans vision. L’Algérie est en train de basculer des mais des éradicateurs pro français aux mains de mouvances disparates tolérées par Waghington car ils se mettent en phase économique, financière et géopolitique avec l’Amérique et l’OTAN. Est-ce que le blanc seing donné par les islamistes algériens à l’agression de la Libye par l’OTAN est la preuve de la docilité du FIS pour retourner au jeu « démocratique » ? J’ai du mal à imaginer ce scénario mais les Américains connaissent nos failles et nos tendances psychologiques et ils savent, par leurs amis qataris et autres, jouer sur nos fibres sentimentales, sur nos ressentiments, sur notre haine contre le régime. L’émotion ne doit pas nous faire oublier la vérité amère : les Algériens ont été le bras armé contre d’autres algériens sur ordre de l’Etranger. Faire confiance à l’Etranger c’est faire preuve d’immaturité politique et d’amnésie historique.

Si c’est oui est ce que les fondamentaux de l’Islam ont changé ou est ce que la politique est devenue hypocrisie politicienne ? Ali Belhadj a écrit un livret de 75 pages en 1993 فصل التخالف في قضية التحالف qui est une démonstration magistrale sur l’interdiction de soutenir une agression étrangère contre un pays musulman. Ce livret reste une référence religieuse et il est en contradiction avec ses positions qui ne condamnent pas l’agression de l’OTAN et qui soutiennent un « Jihad » sous étendard des mécréants et de la confusion. Qu’est-ce qu’il leur arrive à ces élites religieuses qui ne parviennent toujours pas à faire une lecture correcte des enjeux, des conséquences et des enchainements. L’émotionnel n’a jamais solutionné un problème mais il l’a compliqué. Cela fait trois siècles que nous tournons en rond incapable d’avoir une logique pragmatique, une démarche cohérente, une constance sur le plan de la perfectibilité. Nous persistons à faire du sur place ou à régresser. Chaque Sahwa annoncée s’avère une Nakba et nous ne tirons aucune leçon ni examen de conscience ni courage de reconnaitre nos erreurs pour que d’autres ne les fassent plus. Ohod a été une leçon édifiante : nous sommes responsables de nos malheurs, de nos défaites. Faisons le bilan ! La tragédie et ses responsables n’est pas à oublier et elle ne peut être oubliée par des generations qui se sont accumulées depuis 20 ans

3 – Les militants islamiques algériens ne se réclament pas de l’internationale des Frères Musulmans, de leurs jeux politiciens et de la subordination des autres à leur agenda confrérique égyptien. Ils se réclament du courant algérianiste qui se réclame de Ben Badis, d’Al Ibrahimi, de Malek Bennabi et de tant de grandes figures nationales qui ont donné de la pensée et de l’action résistante au monde arabe et au monde musulman. Dans notre imaginaire, dans notre culture et dans notre lutte traditionnel contre l’agression colonialiste est-ce que nous avons une position de principe ou est-ce nous suivons Qaradhawi qu’il ait tort ou raison ? La Fatwa de Cheikh Bachir al Ibrahimi est-elle la plus juste et la plus lucide car elle traduit la connaissance du peuple algérien sur la nature invariable du colonialisme qui rend le musulman algérien incompatible avec le néocolonialisme même si ses droits civiques ou politiques ont été bafoués :

« Le colonialisme dans sa globalité comme dans ses composants est une souillure provenant de l’œuvre de Satan, ses partisans se rencontrent sur ses propagations perverses celles-là même qui sont poussées par es instincts prédateurs voraces des colonisateurs et animés par les théories du colonialisme expertes dans la construction des instruments impitoyables de prédation et cultivées dans l’art de mettre en servitude les objets de leurs convoitises. Parmi ses moyens les plus redoutables le colonialisme sape le moral des colonisés et anesthésie leurs sensibilités morales et spirituelles »

« L’Islam et le colonialisme sont deux antagonismes qui ne peuvent jamais se rencontrer. L’Islam est la religion de la liberté et de l’émancipation alors que le colonialisme est la religion de la servitude et de l’asservissement. L’Islam a instauré la miséricorde et la bienveillance et il ordonne e la pratique du bien et de la justice alors que le colonialisme repose sur la dureté, la tyrannie et la transgression. L’Islam appelle à la paix et à la stabilité, pendant que le colonialisme appelle à la guerre, au meurtre, à la destruction et aux crises. » 


« Aussi, nous déduisons de tout cela que le colonialisme est le pire ennemi de l’Islam et des Musulmans et par voie de conséquence il est de l’obligation de tous les gens de confession musulmane de considérer le colonialisme comme l’un de ses plus grands ennemis et par conséquent il ne peut y avoir acceptation de sa tutelle, de son alliance ou d’une allégeance à son égard. »

4 – Est-ce que les dirigeants du FIS ont actualisé leur vision géopolitique sur l’Algérie pour voir que le problème de l’Algérie dépasse tous les partis politiques algériens réunis avec leurs carences, leurs défaillances et leurs égoïsmes. Est-ce que nous sommes dans une opposition FIS et pouvoir algérien ou dans une rivalité entre les Français et les Américains qui se battent pour avoir chacun la plus grosse part. Les premiers nous ont maintenus dans la position de comptoir commercial alors que les seconds veulent nous « promouvoir » à celle de base coloniale pour d’autres agendas géostratégiques en plus de la confiscation des ressources derrière l’écran de partis politiques fantoches, d’une assemblée nationale corrompue et d’un État absent manipulé par des clans séniles et maffieux.

– Est-ce qu’au delà de la posture victimaire légitime que partage d’ailleurs tout le peuple algérien frappé sauvagement par la répression, Ali Belhadj et Abassi Madani ont d’autres lectures à donner au peuple algérien pour qu’il construise la conscience politique et religieuse dont il aura besoin pour faire face au démantèlement de l’Algérie. Il est impossible sur le plan géopolitique que l’Algérie descende aux enfers sans qu’il n’y ait une volonté étrangère et un agenda étranger qui s’inscrivent dans le stratégique (le lont terme) : liquider l’Islam dans sa forme authentique, prendre possession du territoire et de ses ressources, et faire de l’ANP la cavalerie du pro consul impérial Scipion l’Africain comme du temps de Massinissa contre Carthage.

6 – Est-ce que les dirigeants du FIS ne voient pas que la loi sur les partis et la préparation du vote ne sont ni une ouverture démocratique, ni des réformes ni un choix algérien mais une formalité de vote choisie par les étrangers pour un agenda étranger. Après ce simulacre de vote l’Algérie deviendra définitivement une monarchie avec ses savants de palais, ses prédateurs étrangers et ses corps constitués devenant des auxiliaires sécuritaire et militaire dans le mondialisme. Ce choix sera fatalement catastrophique pour l’Algérie et les Algériens confinés à devenir de plus en plus médiocres, prédateurs entre eux et proies exotiques pour les autres.

– Dans le jeu « démocratique » annoncé et pour lequel la bataille a déjà commencé entre Sanafirs et appareils du sérail il n’y a pas en réalité une ouverture à des réformes politiques et économiques mais une ouverture politicienne à la rente et une fermeture géopolitique et sécuritaire à l’indépendance nationale. Le territoire algérien et l’espace politique, culturel et économique sera ouvert aux islamistes, aux nationalistes, aux laïcs qui sont ouverts aux américains et qui consentent à rayer les mots : premier novembre 54, dignité, souveraineté, islam… Le territoire et l’’espace politique, économique et culturel sera fermé aux islamistes, aux nationalistes et aux laïcs qui sont fermés ou opposés au colonialisme et à l’OTAN. L’affaire dépasse largement la reconnaissance ou la non reconnaissance du FIS. Il s’agit de poser la question en d’autres termes plus génériques et moins partisans : comment créer une ouverture par les Algériens, pour les Algériens sans ingérence étrangère.

– L’Amérique, Ennahda tunisien et les Frères Musulmans égyptiens nous disent à l’unisson que la Turquie est le meilleur modèle pour nous, faisant fi des expériences nationales et faisant fi de la place de l’OTAN et d’Israël dans le dispositif économique et militaire de la Turquie et de son rôle néo colonialiste en Libye et en Syrie pour le compte des américains. Pourquoi les dirigeants du FIS ne prennent pas exemple de l’expérience non pas d’Erdogan mais d’Erbakan et de sa capacité imaginative pour ne pas rester dans la position de victime, sans moyens d’action. Le FIS est un instrument politique. S’attacher à l’organe ou à l’appareil devient maladif et fétichiste. Il y a d’autres moyens d’actions. L’expérience humaine en général et algérienne durant la colonisation en particulier est riche en modèles. Seul Allah est le Vivant l’Immuable, l’Eternel (swt).

9 – La question de l’efficacité des dirigeants et de leurs collaborateurs restent posés tant pour pour  l’observateur impartial que pour celui qui a payé sa sympathie ou son militantisme pour le FIS : L’expérience du retrait des budgets et des prérogatives des communes FIS, l’arrestation de ses dirgeants et la lutte médiatique  annonçaient  la suite c’est à dire un coup de force contre le FIS en cas de victoire quoique les services et les instituts n’ont accrédité le FIS que de 13 à 17% des vois et l’ex HAMAS à 20 ou 30% des voix. Le coup de force était inscrit dans la logique des choses. Il fallait y aller et dévoiler le régime mais au moins avec des scénarios alternatifs. Il est difficile d’imaginer que rien n’ait été prévu pour faire appel aux 60 % de votant pour le FIS à défendre dans la rue le choix populaire car il ne s’agit plus d’une affaire partisane mais de la confiscation de la voix du peuple. Un scénario de désobéissance civile ou un scénario de résistance globale y compris armée mais ciblée et non anarchiste et pouvant être retournée ou criminalisée aurait du être mis en place. Sinon il fallait dire non catégoriquement à toute forme de violence pour conserver la victoire politique et ne pas laisser les militaires reprendre par la force et imposer leurs condition de rédition pour transformer la victoire politique en débâcke militaire ou en terrorisme.

Je reste convaincu que si les dirigeants du FIS avaient pris en considération que la lutte réelle ne visait pas le FIS en tant qu’organe partisan mais visait à toucher la révolution algérienne, à faire tomber l’armée algérienne et à diaboliser  l’Islam par la conjugaison de quatre forces, le Vatican, le colonialisme, le sionisme et leurs agents inféodés en Algérie, leur démarche aurait été plus stratégique et plus subtile lorsqu’ils étaient invités au dialogue par le général Djouadi emissaire du Géral Zéroual qui tous les deux n’ont pas la culture politique pour voir ces forces à l’oeuvre. Sur le plan politique la posture victimaire n’apporte pas de solution car elle reste prisonnière d’une vision partisane.

Sur le plan politique Abassi Madani, Ali Belhadj, les cadres,  les militants et les sympathisants du FIS doivent faire une lecture correcte de la situation et pour l’instant  se mettre au dessus du parti  pour reprendre l’initiative et ne pas la laisser aux autres quand les autres sont Satan incarnés.

Mes remarques ne cherchent pas à accabler ni à être complaisant mais à ouvrir d’autres perspectives pour celui qui a un coeur vivant et le sens des responsabilités. Il ne s’agit ni de jugement de valeur ni de sympathie ni d’antipathie mais d’un regard honnête et sincère qui veut comprendre un processus mais pour celà ses acteurs doivent se livrer davantage. Ce n’est pas la première fois que j’aborde ces sujets car objectivemet et subjectivement ils se posent à la conscience collective.

10 – Le communiqué évoque la « Fitna » mais se taire sur les complots de l’OTAN est une fitna qui va rester inscrite dans nos problèmes car elle touche notre profondeur stratégique et un pays musulman. Qaradhawi et tous les prédicateurs qui se sont rangés non comme des réconliateurs mais comme des instruments de guerre ne posent-ils pas problème de conscience à notre tragédie algérienne. Ces memes va-t-en guerre non seulement sont restés silencieux devant non des présomptions mais des massacres réels en Algérie. Ils ont l’indécence de venir en Algérie répondre aux invitations de criminels illégitimes leur donnant la caution religieuse et morale contre le peuple algérien et vous pensez que cette insenséisme ne va pas un jour poser problème sur la compétence, la probité et la vision lucide de ce savoir religieux qui est devenu fitna et que vous devez, pour le bien de l’Algérie prendre vos distances et vos réserves. Ou bien ils n’ont rien compris au drame du monde musulman ou bien ils sont partie intégrante de la tragédie. Ils sont aussi dangereux pour l’Algérie que le Vatican, l’mpérailisme et le sionisme qui agissent à découvert et pour un agenda connu si on se donne le temps de lire ce qu’ils écrivent sur nous. Réveillez-vous et que la rhétorique islamique ne vous séduisent pas et elle ne doit pas vous séduire vous avez un exemple parlant  dans les partis islamiques algériens qui vous ont trahis ou qui se sont détournés au profit de sièges illégitimes qui leur ramènent gain et pouvoir éphémère.

Le communiqué évoque la « Fitna » mais se taire sur les complots de l’OTAN et sur la culture de la rente est une Fitna qui va rester inscrite dans nos problèmes car elle touche notre profondeur stratégique et un pays musulman. Les prédicateurs qui se sont rangés non comme des réconliateurs mais comme des instruments de guerre posent problème de conscience à notre tragédie algérienne. Ils sont aussi dangereux pour l’Algérie que le Vatican, l’impérialisme et le sionisme.

11 – Je suis convaincu que le FIS peut encore réaliser un bon score s’il se présente de nouveaux dans des éléctions transparentes et respectées. Il ne fera pas le même score car le peuple algérien a cultivé la défiance, la méfiance et l’abstension comme armes de résistance dans un système de privation, de frustration, de corruption et d’inculture politique et religieuse. de Sidi Abou Faracha en 92 à  Sidi Abdelkader en 2011 la culture maraboutique et la culture des Salafistes apologues de l’Arabie saoudite ont façonné les mentalités vers la régression politique et le fatalisme. Les années de terreur ont réussi a criminaliser et à diaboliser le FIS au sein de certaines couches de la population qui ont profité de la « guerre » car chaque entropie ramène, en Algérie et ailleurs,  ses opportunistes, ses affairistes, ses prédateurs : Allah nous dit que quand les tyrans s’emparent d’une cité ils la corrompent et avilissent son élite. Allah utilise le terme de Moulouk dans le sens de culture d’empire et d’impérialisme envahisseurs. Ils ne s’agit pas de rois. La culture d’empire des Algériens est celle de l’Empire colonial français et celle du Makhzane Marocain. Nous allons gouter à l’Empire américano sioniste et nous aurons ainsi gouté à toutes les malédictions sur cette existence. A moins d’un sursaut national, d’un éclair de lucidité, d’une Miséricorde divine. Le FIS peut, en se libérant de l’esprit partisan participer à la création de la fin de cette malédiction et redonner enfin de l’espérance au peuple algérien exerçant sa souveraineté politique et économique.

Conclusion : Tout le reste, aussi bien au niveau du FIS que des autres appareils, victimes ou profiteurs du système, n’est qu’agitation qui n’annonce rien de sérieux à l’horizon sauf une déliquescence plus grande de la morale, de l’économie, de la politique et de la vie culturelle et intellectuelle. Si le FIS n’a toujours pas compris comment il a été instrumentalisé pour que soient réalisés, à son insu, des objectifs stratégiques qui touchent l’Algérie et l’Islam, il faudrait que ses dirigeants aillent en retraite ou qu’ils lèvent les yeux de leurs blessures, de leurs ressentiments pour voir le monde dans sa cruauté implacable et contribuer à trouver aux Algériens une riposte qui préserve les vies humaines, la dignité nationale et les chances d’avenir pour les générations montantes.

Cette remarque nous concerne tous : Au lieu de s’épuiser en dénonciation d’un système moribond et pervers ou de s’épuiser en création de partis qui deviennent des appareils bureaucratiques infiltrés et en conflits de moyens et de personnes l’urgence est de faire front uni contre la culture de la confusion, de la spoliation et des fausses priorités. Ce n’est ni à cet ETA absent ni à la communauté internationale rangée derrière la politique impériale et sioniste qu’il faut demander ses droits. Il faut trouver le moyen de redonner la parole au peuple et son exercice libre et souverain de la politique. Ce peuple libéré peut alors créer les partis politiques qu’il veut et les sanctionner par les urnes selon un processus démocratique qui peut être innové par les Algériens et ne pas se contenter de mimer l’Occident et d’installer à la place de la démocratie une polyarchie d’oligarques qui se partagent la rente économique, politique, intellectuelle, historique, symbolique et religieuse.

Il faut mettre le curseur de lecture et la grille de lecture convenablement pour ne pas faire de cet article un pamphlet contre le FIS ou un déni de droit contre des hommes qui ont souffert et qui ont payé lourdement cher leur attachement à leurs principes. Cet attachement doit, inchaallah se maintenir et s’adapter aux nouvelles conditions de luttes sociales et politiques pour libérer définitivemet notre pays de la souillure de Satan et de ses liges…

Le FIS peut apporter, et il est capable d’apporter, en se démarquant, des hypocrites et des opportunistes, une force de lutte pour la défense de nos valeurs nationales, de la justice sociale et  de la consécration de la souveraineté nationale. Jusqu’à preuve du contraire il fait partie de l’axe de la résistance algérienne. Son discours constant peut pousser à la clarification des positions : pour ou contre le choix populaire, pour ou contre l’ingérence étrangère!

Omar Mazri

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